Si l’on se fie à l’allocution de M. D’Amours, cette étude révèlerait que l’autonomie d’une école et son enracinement dans sa communauté serait une variable lourde dans l’identification des écoles performantes. Selon M. D’Amours :
« On (PISA) a ainsi découvert que lorsqu’on accordait une marge de manœuvre institutionnelle et financière importante à un établissement scolaire, les chances d’amélioration de la performance de l’élève augmentaient sensiblement, davantage par exemple que le fait d’admettre des élèves sur une base des compétences ou celui de présenter une compétition éducative dans une communauté ou celui encore, pour l’élève, de faire partie d’une strate socioéconomique élevée . »
Par ailleurs, M. Christian Bourque, de chez Léger Marketing, nous a présenté les principaux éléments d’un sondage réalisé pour le compte de la FQDE. Les résultats de ce sondage donnent à penser que la population serait partie prenante d’une décentralisation accrue. D’une part, le sondage révèle que la population accorde d’abord sa confiance à l’équipe-école (63%) plutôt qu’aux commissions scolaires (8,3%) ou au MELS (7,4%). D’autre part, ce degré de confiance à l’égard de l’école a considérablement augmenté depuis un autre sondage réalisé en 1993 où le résultat était de 40,8 %.

Ce serait également le personnel de l’école qui connaitrait le mieux les besoins des élèves 92,3%. Ce serait le conseil d’établissement de chacune des écoles, 74,1%, qui serait le mieux placé pour utiliser les sommes d’argent allouées pour les élèves. À la question : « Pensez-vous que les directions d’école ont toutes les marges de manœuvre nécessaires pour faire de leur établissement une bonne école? » 67,5% des répondants disent non, 17,8% de oui et 14,8% ne savent pas. Finalement, plus de 8 répondants sur 10 estimeraient l’autonomie de l’école permettrait d’accroître le mieux-être et la réussite des élèves. Seulement 10% des répondants pensent le contraire.

Selon M. Bourque, ces résultats ne sont pas étonnants. Ils seraient dans la mouvance d’une tendance lourde au sein de population à vouloir décentraliser la gestion des services publics qu’il s’agisse de la ville, de l’environnement, dans ce cas-ci de l’école. Ce qui, selon lui, est cependant surprenant, c’est l’ampleur du phénomène dans le cas de l’école.

Bref, la population serait largement favorable à une décentralisation accrue du système scolaire et l’étude présentée aujourd’hui conclut que c’est une avenue prometteuse pour l’efficience institutionnelle et la réussite éducative des élèves.

Par la voix de son président M. Serge Morin, la FQDE réclame donc une plus grande autonomie des écoles, particulièrement en ce qui concerne le financement et les services pédagogiques et complémentaires. Il s’agirait, selon une formule bien connue, de rapprocher le lieu des prises de décisions du milieu où les besoins se font sentir.

Selon M. Morin, la FQDE ne revendique pas une abolition pure et simple des commissions scolaires, mais invite à une redéfinition des rôles qui mettrait davantage ces dernières en appuie aux écoles.

M. Morin invite donc le gouvernement en place et les partis politiques à adopter une perspective éducative plutôt que politique sur cette question et à s’engager résolument dans la voie d’une décentralisation accrue.

EN VRAC.

Je suis blogueur, pas journaliste. J’étais au milieu de journalistes professionnels de la presse écrite et de trois ou quatre chaînes télé. Aussi, au moment de la période de question et de celle qui a suivi permettant des entretiens individuels, je me suis mis en mode écoute, des questions comme des réponses.

Une journaliste : « Est-ce que la décentralisation est une manière de concurrencer le privé? »

Réponse de M. Morin : « Non. La population nous dit d’arrêter de nous en prendre aux autres et de regarder ce que nous faisons. C’est donc dans cette direction que nous allons, nous avons choisi un autre cheval de bataille »

Je croyais être le seul à penser que l’école publique devait se concentrer d’abord et avant tout sur l’amélioration de sa prestation de service. Il semble que la FQDE ait pris ce virage et je crois que c’est un bon choix stratégique.

Une journaliste : « Est-ce que les résultats du sondages sont un désaveu des commissions scolaires? »

Réponse de M. Bourque « Non, on ne peut extrapoler cela. Les résultats n’indiquent pas que la population n’a plus confiance dans les commissions scolaires, ils indiquent que, spontanément, elle a davantage confiance dans les écoles. »

Mon petit doigt me dit que la FQDE ne cracherait pas sur un modèle où les écoles seraient des entités juridiques autonomes et que les commissions scolaires deviendraient des associations ou des coopératives de services.

Je reviendrai peut-être sur l’étude de M. D’Amours. J’aimerais en faire une lecture attentive. Mais bon, je ne suis ni journaliste, ni chroniqueur. Le temps me manque.

Blogueur/reporteur.

J’ai adoré l’expérience. On écoute, on se concentre, on anticipe, on cherche un angle. En sortant de la conférence de presse, j’ai un peu regretté de ne pas pouvoir dîner sur une terrasse ensoleillé de la rue Ste-Catherine pour me mettre immédiatement à la rédaction de mon billet. D’autres défis m’attendaient… à l’école.

L’école, il ne faut pas uniquement en parler, il faut s’en occuper au quotidien.

- M. Chartrand? M. Chartrand?

- Bonjour Dominique, qu’est-ce que je peux faire pour toi?

- J’ai perdu ma feuille d’inscription pour la journée plein-air et…

Priorité à l’élève.

Ajout de fin de soirée.

J’ai omis de mentionné un élément important du sondage. Il s’agit de la question concernant l’intégration des élèves ayant un handicap ou éprouvant des difficultés d’apprentissages ou d’adaptation scolaire (E.H.D.A.A.). C’est un dossier chaud, le milieu scolaire attend le plan d’action de la ministre. Or, dans le sondage ici en cause 54,1 % de la population estime que ces élèves devraient être intégrés dans des écoles particulières, 38,9% estiment qu’ils devraient être intégrés dans des écoles régulières et 7% ne sait pas.