La première image qui m’est venue à l’esprit est celle d’une bataille de rue. M. Lagacé s’est véritablement rué sur la ministre. Au bout d’une minute, la ministre avait perdu pied et saignait déjà. À la vue du sang, M. Lagacé s’est déchaîné et n’a plus lâché la ministre. C’était surréaliste. C’est user d’un euphémisme de dire que rien d’intelligent n’est sorti de cette entrevue. Je suis à peu près certain qu’au bout de deux minutes, les deux protagonistes ne pensaient plus vraiment ce qu’ils disaient, l’un sous l’effet de l’adrénaline, l’autre complètement sonnée.

Les internautes qui me lisent sur ce carnet depuis un certain temps savent très bien que je n’hésite pas à critiquer certains aspects du renouveau. Mais ce qui s’est dit lors de cette fameuse émission est tout simplement grotesque. Je ne ferai pas la liste des inepties. Je ne présenterai qu’un seul exemple qui, à lui seul, témoigne du reste.

À un moment de l’entrevue, M. Lagacé s’attaque à la graphie du mot chauve-souris comme si cette dernière avait un quelconque rapport avec la réforme de l'éducation.

Or, la question du tait d’union au mot chauve-souris n’a rien à voir avec la réforme de l’éducation. Rien de rien. Il s’agit d’une réforme du français à l’échelle internationale qui peine à s’implanter. C’est l’Office de la langue française qui a décidé d’appuyer cette réforme et qui a décidé que les deux graphies, avec ou sans trait d’union, sont acceptables.

M. Lagacé est d’abord un journaliste de la presse écrite. C’est son métier d’écrire. J’ai peine à croire qu’il ignorait tout cela.
Il reste à espérer que la ministre retrouve ses esprits. Je n’ai pas d’objection à ce qu’elle veuille procéder à des ajustements concernant le renouveau pédagogique. J’aimerais toutefois qu’elle le fasse de manière éclairée et pour des motifs valables.